Du 3 au 4 mars 2008, il s’est tenu à Bujumbura dans enceintes de l’immeuble White Stone, un atelier de réflexion des Parlementaires et autres leaders sociopolitiques sur la problématique de la réhabilitation durable des victimes des violences basées sur le genre.
Cette activité a été organisée par l’Association NTURENGAHO A.S.B.L. avec l’appui financier de l’ “African Women Developpement Fund “ AWD en sigle.
Signalons que cet atelier a été organisé au bon moment étant donné que le problème¨me des violences basées sur le genre se pose avec acuité. Une cinquantaine de participants ont pris part à ces travaux.
Au Burundi, depuis quelques années, le phénomène de violences +basées sur le genre prend des proportions inquiétantes.
Les violences faites aux Femmes constituent un problème de violation des droits de la personne humaine, et c’est aussi un problème de santé publique.
Le combat doit donc être conséquent. Le viol a certes servi comme une arme de guerre, mais il faut noter également que des études récentes montrent que la plus grande proportion des auteurs sont des civils.
Ce phénomène perdure même durant cette période de relative sécurité. Il n’y a pas encore eu d’enquête nationale qui nous donnerait une situation claire sur l’ampleur du problème. Néanmoins, on peut se référer aux cas rapportés par quelques centres de prise en charge des victimes (comme le centre de prise en charge de l’Association
NTURENGAHO, le centre SERUKA de MSF Belgique, le centre de santés encadrées par GVC), ainsi que les cas relevés par les observateurs des Ligues pour les droits de l’homme comme ITEKA, et APRODH
Ainsi, une étude menée par la Ligue ITEKA ne 2004, signale que sur un échantillon de 2173 personnes, 53,4% des élèves et étudiants et 46% des jeunes de 11 Ã 24 ans ont été témoins oculaires ou auditifs du viol des enfants. L’Association NTURENGAHO a enregistré 595 cas de violences sexuelles au cours de l’année 2007.
Les médias ne cessent de rapporter des cas de violation des droits humains dont la plupart des victimes sont des femmes et les filles.
Cependant, le Gouvernement s’est engagé depuis l’année 2004 à mettre sur pied des lois pour la protection des victimes et la répression des auteurs du viol. Il faut se réjouir du fait qu’un projet de loi portant réforme du code pénal est déjà sur la table du parlement ;
Le cercle des organisations engagées dans la prévention et la prise en charge des victimes s’est agrandit de plus en plus mais le constat est que la prise en charge des victimes reste elle aussi insuffisante sur les volets médical, psychosocial, juridique et communautaire.
Pour la prise en charge médicale, les kits complets font encore défaut pour beaucoup d’intervenants. Au niveau juridique, le problème d’indemnisation des victimes est soulevé par pas mal d’intervenants.
En plus, de nombreuses séances de sensibilisation sont nécessaires pour que les victimes acceptent de plus en plus de rompre le silence et de porter plainte ;

L’association NTURENGAHO, organise un atelier de 2 jours à l’endroit des parlementaires et autres leaders sociopolitiques pour mener un plaidoyer en faveur de la réhabilitation durable des victimes des violences sexuelles. Cette activité est appuyée par l’African Women developpement Fund », AWDF en single.
2. Objectifs
2.1. Objectif général
Sensibiliser les parlementaires et les autres leaders sociopolitiques pour une prise de conscience plus écrue sur la problématique des violences sexuelles et mener un plaidoyer en faveur de la réhabilitation durable des victimes des violences basées sur le genre
2.2. Objectifs spécifiques :
- informer les participants sur la problématique et l’état des lieux des violences sexuelles ;
- leur expliquer les conséquences psychosociales des violences basées sur le genre ;
- échanger avec eux sur la question relative à l’indemnisation des victimes ;
- les sensibiliser sur le vécu psychoaffectif d’un enfant issu du viol ;
- leur parler du projet de réformer du code pénal et échanger là -dessus ;
- leur offrir une occasion d’écouter les témoignages des victimes des violences sexuelles prises en charge par NTURENGAHO
3. Résultats attendus.
- 50 personnes (parlementaires, leaders religieux, leaders de la société civile) sont sensibilisées sur la problématique de violences faites aux femmes, avec un accent particulier sur la réhabilitation durable des victimes des violences sexuelles.
- Les parlementaires et autres leaders sociopolitiques sensibilisés sur la problématique psychologique et juridique des enfants issus du viol.
- Des recommandations permettant de mettre en place des mécanismes de réhabilitation durable des victimes des violences faites aux femmes seront dégagées.
4. Méthodologie
La méthodologie adoptée se présente comme suit :
- Présentation des exposés par des spécialistes ;
- Echanges sur chaque exposé;
- Témoignages de 2 victimes des violences sexuelles ;
5. Contenu
Cinq exposés axés sur les thèmes ci-après :
1. Problématique et état des lieux des violences sexuelles par le Docteur BARUTWANAYO Antoine, Directeur Adjoint technique du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR);
2. Conséquences psychosociales violences basées sur le genre par Pr. Théodora NISABWE, Représentant Légale Adjointe de NTURENGAHO ;
3. La question d’indemnisation des victimes par Maître Julien BAREGUWERA, de l’Association NTURENGAHO. ;
4. Le vécu psychoaffectif d這un enfant issu du viol par Pr. Théodora NISABWE
5. Le projet de réforme du code pénal par l’Honorable Pascasie NKINAHAMIRA, parlementaire juriste. ;
Chaque présentation était suivie par des débats et des commentaires. Au cours des discussions, il ressortait des recommandations.
6. Profil des participants
Comme le titre l’indique, cet atelier était organisé à l’intention des Parlementaires, des représentants du gouvernement, de la Société civile et des confessions religieuses.
Les participants étaient donc des Parlementaires, des leaders sociopolitiques, des représentants de la société civile, et des journalistes pour la couverture médiatique.Au total, une cinquantaine de participants ont pris part aux travaux.